Comment se développe ce pillage des savoirs ancestraux ?
C'est très simple en fait, mais très retors.
Les chamans considèrent en effet les plantes avec lesquelles ils se soignent comme des feuilles sacrées. Et un tel don de la nature ne peut pas être refusé à une autre personne. Les chasseurs de plantes vont jusqu'à s'infiltrer dans une communauté indigène. Ils peuvent passer des semaines pour se faire accepter. Impossible, dès lors de savoir d'où ils viennent. Et, surtout, de connaître leurs réelles intentions. Les gens ne se méfient pas. Mais un jour, on apprend que l'étranger a demandé qu'on lui apporte des plantes. Ou qu'il a simulé une maladie, un malaise pour être aux premières loges de la technique thérapeutique. Dans sa culture, le chaman ne peut pas refuser de soigner celui qui est malade : il considère sa faculté à soigner comme un don de Dieu.
Et hop les secrets sont ainsi pillés sans vergogne et des brevets pharmaceutiques déposés , bien évidemment au nom du laboratoire, et non du chamane ou de sa communauté.
Là pas besoin de milliers de dollars pour l'espionnage industriel. Ca coûte beaucoup moins cher de trahir la confiance d'un chamane comme Don Miguel en Bolivie par exemple........